Pour vous qui envisagez une IGV

Quelques réflexions très personnelles à propos d'IGV, de l'Interruption Volontaire de Grossesse, de l'avortement.

A l'attention de celles / ceux qui l'envisagent

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Préambule : je ne place pas la question sur un plan religieux ni spirituel, encore moins moral. Aucun jugement...

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Mes réflexions sont personnelles, comme ce blog.

Et totalement subjectives.

D'autant plus subjectives que nous aurions voulu et n'avons pas pu faire un bébé. Voir les autres articles, mon parcours de pma...

D'autant plus subjectives que ma mère a essayé de «me faire passer», d'avorter, alors qu'elle était enceinte de moi. A l'époque, les moyens étaient artisanaux. Ma mère a échoué dans sa tentative d'interruption de grossesse: mes forces de vie ont pris le dessus et je suis née "malgré eux".

 

Nous ne maîtrisons pas tout, nous ne pouvons pas tout maîtriser : certains couples estiment parfois qu'une deuxième grossesse arrive trop vite après la 1ère et envisagent une IVG.

C'est leur droit (en France), leur choix, leur liberté et leur responsabilité.

Je voudrais juste qu'ils soient conscients que les enfants ne viennent pas toujours sur commande...  ni facilement à chaque fois, en tous cas pas pour tous les couples.

Il y a des femmes jeunes (la trentaine) qui, après une première grossesse - parfois même arrivée un peu plus vite que prévu, après un premier enfant arrivé un peu tôt à leur goût / appréciation, ne peuvent pas «tomber enceintes» lorsqu'elles décident d'avoir un deuxième...

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Certaines jeunes femmes, seules ou/et en difficulté, qui attendent un enfant non désiré, à la naissance non «programmée»,  vont envisager une IVG.

C'est un droit et nous avons de la chance qu'il existe.

Mais là aussi, qu'elles soient conscientes que c'est peut-être leur chance unique d'être mère (biologique en tous cas).

Peut-être que la  Vie ne leur représentera pas l'occasion d'avoir un enfant.

 

C'est arrivé à plusieurs femmes que je connais : enceintes d'un homme de passage, ou marié par ailleurs, enceintes dans des circonstances, dans des conditions qu'elles jugeaient défavorables, elles ont avorté. Elles n'ont jamais eu d'(autre) enfant. Et elles regrettent d'avoir décidé, à ce moment là, d'interrompre leur grossesse.  

Si c'était «à refaire», toutes garderaient l'enfant !

C'est également le cas d'un de mes ex.

 

J'ai aussi des copines qui ont avorté et qui ont eu des enfants par la suite.

C'est une question trop délicate que je n'oserais pas leur poser et aucune ne m'a dit, d'elle-même si elle regrettait ou non. On n'en a jamais reparlé. Ce qui est probable, c'est qu'aucune n'a oublié.

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Des parents séparés avant même la naissance de l'enfant, une jeune femme seule, des parents qui ne se sentaient pas prêts…  aucun ne représente l'image idéale de la famille.  

J'ai des amis et des proches dans chacune de ces situations : ils me paraissent faire des parents "tout à fait acceptables", des "good enough" parents pour reprendre les termes de Winnicott. L'avenir et leurs enfants diront s'ils l'ont été, avec et malgré leurs difficultés. De toutes façons, il n'y a pas de parents parfaits. Cela n'existe pas. Dans le fond, parce que si c'était seulement une question d'image, certains donnent bien le change... façon 'Ricoré' au petit déjeuner (ce genre de pub fait un mal fou et ce n'est pas la seule, la vie de famille, la vraie vie c'est rarement ça!!!)

 

La situation ne semble pas idéale ou propice ou facile ?

Mais combien de couples se séparent et deviennent des familles monoparentales ou recomposées?

Qui sait quelles ressources l'un, l'autre ou les deux, ensemble ou séparément, trouvera, trouveront pour faire face à ce qui leur semble, sur le moment, être l'adversité, ce qu'ils ressentent comme des conditions difficiles ou impossibles ?

 

Et dans les difficultés, il y a souvent une ou des solutions, mais parfois, souvent, nous n'arrivons pas à les voir. Et c'est là le problème, de ne pas entre-voir les solutions possibles. Certaines vont parfois émerger au dernier moment, ou tarder... C'est aussi une question, profondément, de confiance dans la vie.

Parfois nous ne "creusons" pas, incertains, dans une sorte de flou... de brouillard. Nous ne voulons pas, n'osons pas trouver de solution - ou demander de l'aide ... pour plein de raisons qui appartiennent à chacun. Parfois nous croyons retourner un "problème" dans tous les sens, quand en fait on le regarde toujours de la même façon et que le problème, c'est ce regard!

 

Je suis persuadée qu'avorter est une décision très difficile à prendre, a fortiori pour une femme, même quand certaines laissent (veulent laisser) croire à une certaine légèreté.

Précipiter cette décision, décider pour ne plus y penser, être dans une espèce de brouillard flou pour ne pas "voir" ce qu'on est en train de faire sont autant de façon de ne pas s'écouter au sens noble du terme, écouter ses tripes...

Si vous hésitez un tant soit peu entre dire OUI et dire NON à la vie qui est en vous, en votre compagne, donnez-vous le temps, fichez-vous du rdv déjà pris, de tout commentaire extérieur, de toute influence quelle qu'elle soit (c'est à vous de décider)... Faites silence en vous, et écoutez, essayez d'entendre cette petite voix qui est en vous, pas le petit 'moulin' qui raisonne dans votre tête... une toute petite voix qui vient de vos tripes. Si vous êtes deux, si vous décidez à deux... et vous entendez assez pour cela, prenez-vous dans les bras, assis face à face, respirez ensemble, chantez ensemble...

Même si vous n'êtes pas du même avis sur cette IVG...

 

Si les difficultés sont matérielles, pécuniaires, il y a des aides, des assistances sociales, des réseaux de solidarité…

Les difficultés 'familiales' – au sens affectives - sont probablement les plus dures à surmonter : si le père du bébé est parti, si les grands-parents maternels et autres proches (frères, sœurs) jugent, condamnent au lieu de soutenir, d'aider … 

Comment devenir mère au moment même où on se sent abandonnée ?

 

Plutôt que de dire NON à la Vie en vous, à l'enfant prêt à venir (puisqu'il est là), plutôt que de choisir l'IVG,  peut-être pouvez-vous vous faire aider, pour garder votre enfant.

Ou au moins, lui donner la vie, qui est déjà un merveilleux cadeau, et le donner (l'aban-donner) pour être adopté.

Cela demande sans doute de la générosité – 9 mois de patience, mais en France, des milliers de familles attendent de pouvoir adopter un enfant.

 

 

Tout n'est pas simple et je comprends qu'il y ait de grandes détresses mais j'ai le sentiment que parfois, le recours à l'IVG est envisagé un peu vite, un peu «facilement»,  - en tous cas c'est ce qui est donné à voir - sans pleine conscience des enjeux.

Même s'il faudrait aller au-delà de la surface pour sa-voir ...

Parfois il semble qu'un couple envisage l'IVG par un souci qui semble (mais que cache -t-il d'autre ?) à la limite du confort : c'est un peu tôt … ça « tombe mal »…

 

Au-delà de ce que je peux ressentir, en tant que femme qui n'a pas pu faire d'enfant... je voudrais juste dire "Réfléchissez-bien, avec vos tripes, avec le coeur, pas avec la tête,  pas avec ce que vous imaginez de la vie idéale, de la famille idéale. Elle n'existe que dans les contes de fée 'ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants et vécurent heureux longtemps'!!!

Il n'y a pas à peser le pour et le contre (rien à calculer), c'est une question de vie ou de mort. Au sens propre.

Alors prenez le temps de vous "écouter", profondément. 

 

Si vous ne vous sentez pas le courage, la force, le désir d'être parent, "aujourd'hui", dites-vous que vous allez sans doute trouver des ressources en vous que vous ne souspçonnez pas. Faites-vous confiance...

Et si vraiment, il ne vous est pas possible de vous occuper de cet enfant, d'en être le père, la mère, il sera toujours temps de lui donner la vie et de le "donner pour être adopté".

 

Accueillir ou non ce que la Vie vous offre, en pleine conscience, lui dire oui ou lui dire non ?

Au moindre doute - sur votre volonté profonde et personnelle d'avorter - choisissez la vie. Que personne ne vienne influencer cette décision, ce choix.

 

Je ne prétends pas détenir la Vérité….

L'essentiel – à mon sens - est de décider,  de choisir en pleine conscience.

 

J'ai croisé nombre de femmes enceintes, dont certaines venaient pour avorter alors que nous espérions et désespérions …  

Chacun son parcours et il n'y a pas de Vérité. Chacun cherche la sienne.

 

Je vous livre la mienne, ici et maintenant.

 

Pour moi, et c'est une fois de plus mon ressenti personnel, donner la vie, et ensuite donner de l'amour, du temps, des soins, des repères, des limites… accompagner un enfant qui grandit est une grande chance.

Donner la vie, une chose extraordinaire.

Etre parents, par la naissance, le devenir, avec le temps…

 

Mais cela peut aussi nous renvoyer à notre propre enfance, et être aussi très difficile.

Il n'y a pas une Vérité. Chacun cherche la sienne.



Article ajouté le 2006-03-08 , consulté 229 fois

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