Il y a "un temps pour" faire des bébés!
Où je me réveille un peu tard ...
Il y a un "temps pour tout", aussi pour faire des bébés...
J'aurais voulu et j'ai essayé ... de prendre beaucoup de distance, de recul, pour faire un "article" quasi médical et argumenté... Sauf que ce sont de mes tripes que je parle !
Et c'est parce que j'ai mis tellement de temps à réaliser, prendre conscience - et pas accord! pas encore totalement [accord/encore, ô le joli lapsus] - accepter ... que je tire la sonnette d'alarme pour les "belles au bois dormant" qui, comme moi, laisseraient le temps passer...
Sonnette d'alarme parce que le "tourbillon de la vie" (?) peut nous entraîner - à condition que nous le voulions bien, ça n'arrive pas par hasard - et parce que LE TEMPS PASSE et le temps perdu ne se rattrape jamais.
Vers 25 ans, j'ai plongé, avec passion, dans la "Recherche du temps perdu"... Longtemps, je me suis couchée tard. Et sans voir le temps passer. Si seulement je m'étais réveillée à ce moment là. Mais non, j'ai continué à dévorer ces livres qui avaient été ma survie, ma planche de salut. Et à laisser les années passer.
Sans rentrer ici dans les détails de mon parcours sentimental ou amoureux, disons juste qu'après deux très grosses claques entre 20 et 25 ans, mes relations amoureuses étaient fluctuantes et surtout sans avenir. Je faisais en sorte qu'elles le soient, sans même m'en rendre compte.
J'alternais des phases "je séduis, cela me rassure" avec des traversées du désert que je remplissais par un surinvestissement professionnel totalement déplacé - puisque je n'avais pas choisi mon métier. Mais bon, quand on veut fuir, tous les moyens sont bons...
J'ai donc "beaucoup donné" professionnellement, sans réaliser, là non plus, que les années passaient...
Inutile de dire que ce ne sont pas mes chefs, trop contents, qui m'ont ramenés à la réalité. J'étais corvéable à merci et c'était d'autant plus facile que je ne savais pas dire non -. Mes homologues masculins en faisaient moins, et gagnaient beaucoup plus ! Mais ce n'est pas le sujet.
Je n'ai même pas vu mes 35 ans arriver. 35, oui. Le temps a passé! C'est vers 39 ans – ohé nous sommes mortels ! - que j'ai commencé à rééquilibrer un peu, progressivement, vie privée / vie professionnelle.
Il était déjà tard...
J'alerte celles que j'appelle les Belles au bois dormant : on peut avoir l'impression de vivre à 100 à l'heure, faire des tonnes de choses, voir du monde (en quantité et en qualité), ... et être complètement endormie en termes de vie personnelle, je veux dire vie privée, intime, amoureuse!
On peut se réaliser - et ça c'est vrai pour tout le monde, hommes et femmes - par des activités sportives ou artistiques, et être incapable (sans le réaliser) de construire, de s'engager dans une relation amoureuse. A mon sens, et avec du recul, l'énergie bloquée, qui ne circule pas du côté vie privée, doit affecter les autres domaines de la vie...
Du jour où je m'épanouis aussi dans ma vie privée, tout ce que je fais par ailleurs va en bénéficier: que je sculpte, chante ou calligraphie, que je danse, monte à cheval ou tire à l'arc. Tout le monde va le mettre sur le compte de mon bonheur ou de mon état amoureux... C'est vrai et en même temps, juste avant ce cercle vertueux qui va m'ouvrir une nouvelle dimension de mon art ou de mon sport... c'est sans doute une ouverture qui a rendu possible cet état, ce lien amoureux.
Lien qui s'inscrit (enfin) dans la durée, ouverture qui rejaillit dans tous les domaines de ma vie, encouragée par ses premiers effets.
Pour en revenir à mes 39 ans, cela devenait franchement difficile d'étouffer mes vieux rêves. Depuis toujours, mais je l'avais oublié pendant tant d'années, je voulais avoir deux enfants, me marier - c'était secondaire / j'avais tant entendu ma mère dire et redire "ne te marie jamais" - ET avoir deux enfants.
Pourquoi deux seulement ? Dans les contes de fée que je lisais petite, la formule consacrée était "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants». Mais bon, si j'en croyais ma mère, les enfants étaient un fléau. Divin, une punition divine : "mais qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour avoir une fille pareille!?!". Alors autant limiter les dégâts, deux enfants.
En fait, j'hésitai, deux ou trois.
La question ne se posera pas. C'est ce qui arrive aux belles "endormies"...
Mes semaines ont donc cessé de faire 55/60 heures (en moyenne) mais ... le Prince Charmant (aïe, j'y croyais encore) tardait.
Je ne voulais pas non plus faire un enfant "avec le premier venu". J'aurais pu, mais je voulais offrir à mon enfant ce que je pensais être une "vraie" famille, avec un père et une mère.
Il me fallait donc construire une relation de couple... avant de mettre un bébé en route.
Je n'ai pas eu le temps de voir venir - ni même de fêter - mes 40 ans...
J'étais pourtant bien dans ma peau, en tous cas tellement mieux qu'à 20 ans, 25 ou 35... Je ne réalisais pas du tout mon âge d'état civil. Quarante ans : dans ma tête, j'avais la trentaine, sans plus.
Et j'étais pleine d'illusions.
Je n'avais absolument pas conscience que notre fertilité décline à un rythme soutenu à partir de 32 ans et à un rythme (très) impressionnant à compter de 40! Cf aussi l'article "quelques statistiques"
Je voyais Claire Chazal (je crois) journaliste de 42 ans faire un bébé, et d'autres aussi... Je ne m'inquiétais même pas!
Or à 40 ans, la chute de la fertilité féminine s'accélère, mais cela commence bien avant ! Le temps de réaliser que l'on a du mal à concevoir, de passer des examens, d'obtenir et confirmer un diagnostic et de commencer un traitement, des mois, précieux, passent.
CONTRAIREMENT à ce que beaucoup de femmes pensent (dont une de mes amies proches qui me le disait encore hier!), nous ne sommes pas "fertiles tant que nous avons nos règles", très loin de là! Evidemment, on ne peut plus tomber enceinte quand on ne les a plus... mais ce n'est pas parce qu'on les a encore qu'on peut concevoir.
Et la médecine n'explique pas tout. Parfois, les résultats d'examens sont corrects, pour les deux conjoints, mais bébé n'arrive pas. Il faut alors faire sauter d'autres verrous, blocages "psychologiques" et là... qui sait combien de temps cela peut prendre...
Après 30 ans donc, le temps presse. Et après 35 ans, il ne faut plus perdre de temps. Pour nous, les femmes, il y a URGENCE !
Et pas seulement en raison de risques supérieurs de complications chez l'enfant, de trisomie ou autres anomalies génétiques, de complications chez la mère, de fausse-couche...
Retour à mes 40 ans. J'ai alors rencontré un homme avec qui je pouvais imaginer avoir un enfant. Plus âgé que moi (47 ans), sans enfant, il n'était pas hostile à l'idée d'en avoir, au début de notre relation. Mais peu à peu, sa position a évolué, défavorablement. Pour différentes raisons - sans intérêt ici - la relation s'est délitée et il a eu la générosité de "me larguer", conscient – lui bien davantage que moi - que mon temps était compté.
Certaines de mes amies m'avaient conseillée de le mettre devant le fait accompli, c'est-à-dire de lui "faire un enfant dans le dos". Je n'étais pas prête à tout pour avoir un enfant. Pas prête à "tricher", à mentir, à faire semblant, à faire comme si je prenais la pilule et à ne pas la prendre. A le piéger.
Je ne voulais pas non plus élever notre enfant seule, et même si c'était un homme très responsable, il se serait senti trahi. A juste titre il me semble, même si je pense que la naissance d'un enfant demande l'accord des trois, père, mère, enfant, l'accord inconscient des trois. Je me serais peut-être retrouvée seule... avec notre enfant. Je ne pouvais pas. C'est ainsi.
J'avais 42 ans+ quand j'ai rencontré mon futur mari, il y a cinq ans. 10 ans que ma fertilité déclinait sans que j'en aie réellement conscience.
Après quelques mois, très rapidement en fait, nous avons décidé de faire un bébé... Ce n'était pas le coup de foudre, ni la passion... mais c'était simple ! Et nous nous sentions - tous les deux - en terrain constructible. Nous avions envie de construire, avec des réserves de bonne volonté pour traverser les obstacles. J'ai été surprise, pour ma part, que la question se pose si tôt, si vite, et que nous soyions en phase.
Mais séparés par 800 km nous avions quelques difficultés à gérer le calendrier des dates favorables... Après encore quelques mois, aucune grossesse en vue : nous commencions à nous en préoccuper un peu (quand même) d'autant que mon passé médical était passable.
J'avais été opérée d'une endométriose vers 27 ans.

Commentaires